
« Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? […] Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » 1 Corinthiens 15 : 55-57
Le Souffle de Vie est entré en action. Aidé du verbe, il a créé un magnifique jardin, planté au commencement du monde. Ce jardin était rempli d’arbres verdoyants et de fleurs merveilleuses, colorées et odorantes. On y trouvait aussi des fruits qui existent encore et des fruits qui n’existent plus. Il y en a même un, qui, bien qu’existant, est aujourd’hui caché, inaccessible et gardé. Ce jardin était pour le vivant, les végétaux, les animaux et les humains créés par le Souffle Divin.
Mais un jour, une Voix Étrangère s’y glissa, et avec elle, une fracture invisible. Elle murmura, ensorcela et tenta les humains. Ainsi, le cœur de l’Homme se détourna.
Le Père créateur de toute chose, le Souffle de Vie, chassa l’Homme de son merveilleux jardin. Et c’est ainsi que le jardin se referma et que tout changea. Le fil de la relation entre la création et le créateur fut coupé. Le péché avait fait son entrée, changeant à jamais le cours de l’humanité.
Depuis ce jour, l’Homme marcha à l’extérieur de ce beau jardin, coupé, séparé du Souffle Divin. Un voile s’est alors posé sur le monde, cachant l’essentiel, le rendant inaccessible. Parfois, le Souffle de Vie permettait à certains humains de se souvenir confusément et imparfaitement du parfum des origines, car le Souffle, bien qu’invisible, lui, ne cessait d’exister.
Les mains des humains étaient devenues lourdes et leur cœur inquiet. La paix qui régnait dans le jardin avait disparu à jamais. Le péché, comme un poison, s’était installé dans leur cœur. Séparés du souffle de vie, ils étaient incomplets et malheureux.
Alors les humains bâtirent des murs, cherchèrent à réparer par eux-mêmes ce qui s’était brisé. Mais plus ils cherchaient, plus le jardin semblait loin. Plus ils cherchaient, plus ils s’éloignaient. Ce péché, qui avait trouvé refuge dans le cœur de l’Homme, le rendait aveugle, sourd et parfois même muet. Tant de bruits dans la tête des hommes empêchaient d’entendre et de reconnaître le doux bruissement du Souffle Divin. Tant d’obscurité dans leur regard empêchait de voir les beautés que le Souffle continuait à déverser. Plus encore, les hommes se prirent parfois pour le Souffle, et agirent à sa place en usurpant son nom. Tels étaient les effets et les conséquences de cette Voix Étrangère qui s’était invitée dans ce merveilleux jardin. Et c’est ainsi que les hommes ont commencé à détruire les beautés de la création car plus aucune Parole, plus aucune règle n’illuminait leur cœur mort de n’avoir pas su écouter la bonne voix, mais de s’être laissé ensorcelé par La Voix Étrangère.
Cependant, Le Souffle de vie continuait à veiller, parfois il révélait, encourageait et se montrait. Il aimait ce qu’il avait créé. Il ne voulait pas l’abandonner. Cela dura des années, des siècles, une éternité pour l’humanité, mais juste un battement de cœur pour lui. Il annonçait et préparait l’humanité aux changements secrets qu’il élaborait. Mais bien souvent, ils ne l’entendaient pas, ne le reconnaissaient pas. La confiance était rompue. Peu furent ceux qui, au fil des siècles, tinrent ferme et crurent aux promesses à venir.
Et pourtant vint une nuit. Une nuit plus dense que toutes les autres. Mais pour ceux qui savaient regarder, une étoile guidait. Une nuit où l’Amour a choisi de s’incarner. Un bébé entra dans l’obscurité sans résister. Il portait en lui une lumière étrange, une paix que rien ne semblait troubler. Il était mandaté. Fils du Souffle de Vie, il avait rejoint l’humanité, pour la comprendre et pour la porter. Insensible à La Voix Étrangère, il a suivi sa destinée. On le jugea. On le rejeta. On le cloua. A la fin, le ciel lui-même sembla se taire. Ce n’était pas seulement un homme qui tombait, c’était tout le poids du monde qui descendait avec lui, les peurs, les fautes, les abandons, les cris étouffés de l’humanité tout entière fut entraînée avec lui dans sa mort. Le péché, né de La Voix Etrangère, le péché qui avait posé le voile fut écrasé et le voile fut enfin déchiré.
La pierre fut roulée et le silence s’installa pour un court moment. Il y eut quelques jours entre deux mondes. Des jours où rien ne semblait bouger. Des jours où l’espérance paraissait ensevelie. Comme ces moments de vie où tout semble figé, où Le Souffle de Vie paraît absent, où les promesses semblent perdues.
Mais sous la surface, quelque chose travaillait ; invisible, silencieux, irréversible.
Puis vint l’aube impossible, l’aube d’un jour nouveau. Pas une aube comme les autres.
Une aube qui ne venait pas seulement éclairer le monde, mais le recréer.
La pierre n’était plus à sa place. Le tombeau était ouvert. Et là où l’on attendait la fin se tenait un commencement. La mort avait été traversée, non pas contournée
mais vaincue de l’intérieur. La vie, plus forte que tout, s’était relevée.
Et voici le mystère, ce n’est pas seulement un homme qui est sorti du tombeau, c’est un chemin qui s’est à nouveau ouvert. Un chemin vers le jardin, un chemin qui ramène au Père. Ce chemin a anéanti La Voix Étrangère. Ce n’est pas un retour en arrière, mais un accès nouveau. Le jardin n’est plus fermé. Il est désormais ouvert dans le cœur de ceux qui osent croire, recevoir et se laisser toucher. Ainsi rachetés, ils marchent sur le chemin du pardon enfin ouvert devant eux, guidés par l’Amour. Car Pâques, ce n’est pas seulement une victoire sur la mort. C’est aussi une invitation à déposer ce qui pèse, à laisser mourir ce qui enferme et à accueillir dans le secret du cœur cette vie nouvelle qui s’est offerte pour l’humanité.
Depuis ce matin-là, le monde n’est plus tout à fait le même. La nuit existe encore. Les pierres aussi. La Voix Étrangère ne cesse de crier, mais elle est désormais muselée. Un murmure nouveau a envahi l’air, celui de la réconciliation. Un » Je t’aime inconditionnel et permanent » souffle à tout vent. Certes, moins bruyant que la Voix Étrangère mais beaucoup plus puissant car il a coûté le sang du fils du Souffle de Vie. Et plus aucune pierre n’est assez lourde pour empêcher la vie de surgir. Et dans chaque cœur fatigué, une aube nouvelle attend de couvrir le péché. Sa lumière a anéanti l’obscurité, définitivement détruite par le Fils de Dieu, le Ressuscité.
Nathalie AZRAK

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. »Jean 11:25
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